Le Médiateur : Qui ? Quoi ? Comment ?

Qui est le Médiateur

Jérôme Bouvier est journaliste. Il se considère comme un enfant du service public de la radio : Radio BleueFrance Inter puis France Culture et Radio France Internationale dont il a dirigé les rédactions, il est entré à Radio France en 1982 après cinq années de presse écrite.

Il a parallèlement créé une télévision locale de proximité en banlieue parisienne, animé un magazine de la citoyenneté sur La 5 à France Télévision et sur la chaine Forum Planète.

Jérôme Bouvier milite par ailleurs à la restauration du lien de confiance entre les journalistes et leurs publics. Il a crée pour cela l’association « Journalisme et Citoyenneté », organisatrice des « Assises Internationales du Journalisme et de l’Information ».
Il a également développé plusieurs sites Internet consacrés au journalisme et aux questions de société en développant notamment des expériences de journalisme participatif dans les quartiers populaires.

Membre du comité des sages qui vient de rédiger un projet de code de déontologie qui puisse être annexé a la convention collective des journalistes, il est chargé du cours « L’éthique du journaliste » à l’Institut pratique de journalisme (IPJ).

Jérôme Bouvier a pris ses fonctions de médiateur de Radio France le 16 novembre 2009.

Quelle est sa fonction

Il est

Il est l’intermédiaire entre les auditeurs qui souhaitent s’exprimer sur les contenus des radios de Radio France et les professionnels qui fabriquent ces contenus (journalistes, animateurs et producteurs).
Il porte la parole des auditeurs au sein de l’entreprise par le biais d’une lettre mensuelle ou sur ce site et à l’antenne quand le débat se doit d’être public. Il répond de façon individuelle quand il l’estime nécessaire.
Journaliste lui même, il explique aux publics les conditions d’exercice des métiers des radios de Radio France, leurs règles, leurs doutes et leurs contraintes.
Il favorise le débat et la réflexion sur l’éthique et les bonnes pratiques au sein de Radio France à partir d’une Charte à laquelle adhèrent les personnels de l’entreprise.
Placé en dehors de toute hiérarchie pendant l’exercice de sa fonction, sa parole est d’autant plus libre qu’elle est mise au seul service de la qualité des antennes et de l’information.

Il n’est pas

Il n’est ni un procureur ni un juge, ni un professeur de morale ni un donneur de leçons.
Il n’est pas responsable des choix éditoriaux des stations de Radio France. Il n’est pas celui qui recrute, qui mute ou qui licencie.
Il ne peut recevoir d’ordre ou en donner, il ne peut qu’essayer de convaincre et favoriser l’adhésion aux principes qu’il défend.
Et il se réjouit, comme chaque auditeur, que le service public soit un espace d’absolue liberté.

Un peu d’histoire

Dans l’Europe du Nord qui l’a crée au début du 19ème siècle, l’ombudsman est celui qui défend le droit des citoyens face aux abus de pouvoir de l’Etat.

Le premier ombudsman de presse, ou médiateur de presse, apparaît aux Etats-Unis en 1913. Pour Joseph Pulitzer, patron du New York World, le journaliste qui occupe cette nouvelle fonction doit « porter la parole des lecteurs auprès de la rédaction » et se porter garant de la qualité de l’information proposée par le journal.

La presse Japonaise suivra dans les années 30 avec des « comités de journalistes » chargés de recevoir les plaintes des lecteurs et les faire prendre en compte par la rédaction.

La presse européenne attendra les années 80 pour créer à son tour des postes de médiateur. Le profil varie selon l’histoire des entreprises, mais on retrouve toujours la recherche d’un équilibre entre deux fonctions : assurer le dialogue entre les journalistes et leurs publics et garantir les bonnes pratiques au sein de la rédaction.

En France, c’est le journal Le Monde qui crée le premier un poste de médiateur. Nous sommes en 1994. France Télévision suivra en 1998. Radio France en 2002.

Les médiateurs de presse sont moins d’une centaine à travers le monde. Entre crises économiques et crises politiques, leurs situations sont parfois fragiles. Ils sont une quinzaine en France, regroupés dans une association présidée par la médiatrice de France 3, Marie Laure Augry.