L’Allemagne, la France et vous ? La grande enquête Radio France, ARD et ARTE 
Le cinquantenaire du traité de l’Elysée sera célébré le 22 janvier 2013.
Pour permettre aux citoyens français et allemands de dire comment ils vivent et ressentent la relation entre leurs deux pays, le groupe Radio France a proposé aux radios publiques allemandes Deutschland Radio (DR). ARD. Saarländischer Rundfunk (SR) et Arte de diffuser une grande enquête commune auprès de leurs publics.
Lancement le 8 juillet à Reims avec la commémoration de la
réconcilation entre la France et l'Allemagne
En 28 questions et un appel à témoignages, il s’agit d’apprécier au plus juste le regard que chacun de nos peuples porte sur l’autre. Son ressenti aujourd’hui. Sa façon d’envisager un avenir commun.
Si vous l’acceptez, nous pourrons vous solliciter pour exprimer sur nos antennes ce que vous allez répondre à la question ouverte qui clôt ce questionnaire : « Quelle Europe voulez vous pour demain ? »
Les résultats de cette grande enquête seront publiés en janvier 2013, à l’occasion du cinquantenaire du traité de l’Elysée
Cette enquête est menée en partenariat avec l’OFAJ, l’université franco-allemande, les fondations Robert Schuman et Jean Jaurès, la Fondapol, la Konrad-Adenauer Stiftung et la Friedrich-Ebert Stiftung ainsi que la fondation Charles de Gaulle.
Réalisation : Claude Baudry et Catherine Cadic
61 témoignages
Les thématiques de cet appel à témoins:
Ma famille est le résultat du traité franco-allemand
A la création de l'OFAJ, j'ai obtenu de mon lycée parisien une bourse pour un séjour linguistique à Trêves où, par la suite, j'ai rencontré mon mari - allemand. Je vis à Cologne. Nos deux enfants sont bilingues et biculturelles et se sentent Européennes. Or mon père était Alsacien, son frère était un "malgré-nous" mort en Russie en 1944 et ma famille paternelle alsacienne a été déchirée par les conflits entre nos deux pays. Au moment où, avant la guerre, les Alsaciens devaient choisir entre la France et l'Allemagne, mon grand père a cessé toute relation avec son propre père qui avait opté pour l'Allemagne. Vive le traité franco-allemand!
Vive la différence et son respect
« Nous avons fait l'Italie, maintenant nous devons faire les Italiens» disait Massimo d’Azeglio lors de la construction de la nation italienne.
Nos hommes politiques ont fait l’Europe, maintenant c’est à nous citoyens de devenir des européens. Arrêtons de toujours porter la faute aux hommes politiques ! Chers hommes politiques arrêtez de jeter la faute de tous les maux nationaux sur l’Europe ! « Faire » l’Europe ne veut pas dire se défaire de sa propre culture !
C’est une chance inouïe que de voir une nouvelle forme de démocratie naître sous nos yeux. Il existe peu de situations historiques similaires. Il n’existe pas encore de modèle théorique politique pour expliquer la création de l’Europe, par contre chacun de nous la vit en directe mais beaucoup cependant la nient. Nous avons une « constitution européenne », mais peu de citoyens en sont conscients.
Bien sûr le modèle démocratique européen n’est pas parfait et n’est pas encore terminé. Mais quel modèle démocratique a la prétention d’être parfait ? Que de différences entre le modèle centralistique et présidentiel français et le modèle fédéraliste et participatif allemand ! Pourtant, chacun de ces modèles sert au mieux les intérêts de nos deux nations...
Cette différence culturelle, je l’ai vécue de plein fouet. Arrivé il y a 20 ans en Allemagne sans parler un seul mot de la langue de Goethe, mes racines culturelles françaises et universelles ont été bien secouées et remises en cause.
J’ai élevé 3 enfants dans la bi-culturalité, dirigé des entreprises allemandes et j’aide aujourd’hui les entreprises françaises à s’installer en Allemagne.
La connaissance de l’autre passe par la connaissance et prise de conscience de ses propres valeurs. Le droit à la différence doit perdurer, encore faut-il que les peuples prennent conscience de cette différence.
C’est une grande chance que de vivre la création d’une nouvelle forme démocratique qui devra respecter les valeurs fondamentales des cultures sous-jacentes européennes. C’est aussi un très grand danger que de vouloir imposer une culture dominante par le pouvoir économique et financier en prétextant qu’il n’y a pas d’alternative et en propageant un sentiment de peur destructeur.
Vive la différence et son respect.
Amitiés franco allemandes
Michel Serres a dit : Chaque fois que je passe la frontière et me retrouve en Allemagne, je pleure. Moi aussi, et tout comme lui : je pleure de bonheur.
Né en 1950 d'une famille très éprouvée par la guerre, je suis allé pour la première fois en Allemagne en 1954. Neuf ans après l’écrasement du régime nazi, le pays se relevait encore de ses ruines et les villes n’étaient que chantiers au milieu des maisons encore écroulées. Avec ma mère, nous allions rendre visite à la jeune étudiante qui avait passé un an au pair dans notre famille, peu auparavant. Au-delà du plaisir de retrouver cette jeune femme à qui je m’étais profondément attaché, et malgré les frissons que m’avait inspirés ce voyage dans l’ancien pays de la terreur, j’ai été immédiatement happé par tout ce que percevaient mes yeux et mes oreilles, par tout ce que j’inhalais des odeurs et des saveurs. De là vient certainement mon attachement à l’Allemagne.
Précocement intéressé par les nouvelles du monde que diffusait la radio de mes parents, j’ai suivi sans toujours comprendre ce qui se passait outre Rhin et ce qu’on disait de l’Allemagne. Mes parents m’ont parlé de la CECA, premier embryon d’une Europe en construction. Puis en 1954, le référendum en Sarre occupée, qui donna la majorité à ceux qui voulaient devenir Allemands plutôt que Français ou Européens. Ça, je m’en souviens précisément car j’avais posé des questions. Quelques années plus tard, je choisissais l’allemand en première langue au lycée.
Le traité de l’Élysée est arrivé à point nommé. Je suis allé de nombreuses fois en vacances en Allemagne et je me suis fait des amis un peu partout.
Enfin, il y a à peine quelques années, après une longue absence, je suis retourné en Allemagne… à pied. Randonnant dans la forêt des Vosges du Nord, dans la région proche de Sarreguemines que les autochtones nomment « Bitcherland », je me suis retrouvé sans m’y attendre dans le Palatinat. Forte émotion, que j’ai renouvelée plus d’une fois depuis cette date, à pied et en voiture.
C’est une sensation toujours merveilleuse, cela d’autant plus que rien ou presque ne marque la limite entre les deux pays : chez eux, c’est chez nous et chez nous, c’est chez eux. Ou presque. On se comprend et on aime nos différences : c’est même pour cela qu’on s’apprécie autant.
Je ne voudrais pas que cette émotion disparaisse : quand vous vous rendez chez de vrais amis, vous éprouvez un grand plaisir en les retrouvant et en passant le seuil de leur porte. Même si, d’une certaine manière, vous êtes là aussi chez vous. Idem quand c’est eux qui vous rendent visite.
Je refuse le retour aux frontières de papa. Cela marquerait l’échec dramatique du travail de plusieurs générations. Je ne veux pas y croire.
Je veux poursuivre et amplifier cette évidente et chaleureuse complicité de part et d’autre du Rhin – et plus largement en Europe. Mais surtout entre nos deux pays, aujourd’hui si proches, même si nos mentalités et nos modes de vie divergent parfois. Certes, nous ne nous comprenons pas toujours du premier coup, mais c’est peut-être aussi de là que vient notre richesse commune. C’est même pour cette raison que nous nous aimons. C’est ça, la véritable amitié!
Prochainement, mon roman Le Cavalier de l’Alster évoquera notamment certains moments parmi les plus joyeux (mais aussi parmi les plus terribles) qui ont finalement donné naissance à l’amitié franco allemande. C’est ce très difficile accouchement qui est le gage de sa pérennité. Si vous pouvez m’aider à le publier, n’hésitez pas à communiquer avec moi sur Facebook: Jacques-François Martin
J’invite enfin tous les auditeurs de Radio France favorables à l’amitié franco allemande à faire part de leurs témoignages sur ma page « Amitiés franco allemandes » sur Facebook : http://www.facebook.com/AmitiesFrancoAllemandes
Anniversaire
Je suis allé en Allemagne pour la première fois en 1965. Tous les ans de 1967 à 1971 pendant les vacances scolaires pour y travailler en tant que jardinier de la ville de Paderborn. J'ai fait la connaissance d'un ami en 1967 et cela fait 45 ans que nous continuons à nous fréquenter aussi souvent que possible. Nous avons décidé l'an dernier lors de son 60ème anniversaire de nous revoir au minimum une fois par an, soit en France, soit en Allemagne pour fêter nos anniversaires (nous avons un jour et 2 ans d'intervalles) car cette amitié, nous nous devons de la faire fructifier aussi longtemps que notre santé le permettra. Nous revenons d'un week end à Hambourg, l'an prochain ce sera Paris.
Une UE non fédérale
Etant donné le peu de démocratie dans l'UE, j'aimerai surtout arrêter cette envie d'UE fédérale de la part des élites qui profite de la mondialisation (olligarchie, journaliste, économistes médiatisés, etc) contrairement au pauvre peuple dont je fais partie.
J'aimerai aussi que ce point de vue, majoritaire en France, rappelons-nous du résultat du vote de Maastricht (très serré) et du NON au TCE, soit représenté à Radio France;
Mais ceci est un voeu pieu
france-Allemagne au quotidien
Bonjour,
je suis francais et je vie en Allemagne depuis presque dix ans. Ma femme est allemande et nous éduquons nos deux filles en francais et en allemand, mais aussi en Francaises et en Allemandes. L'Europe est un fait dans notre famille et jusqu'à maintenant, elle se déroule plutôt en harmonie. Mon Europe n'est pas future, elle a déjà commencé et quand je me pose la question de mon identité, il me vient le sentiment d'une appartenance transnationale qui n'embrasse pas toutes les cultures de l'UE loin s'en faut, mais qui dépasse déjà les frontières de la seule France et de la seule Allemagne. L'Europe de demain et la seule véritable est une Europe des peuples avec ce sentiment d'être non pas de l'hexagone pour affirmer qu'on est pas d'ailleurs, mais d'être de l'hexagone (ou de la rive droite du Rhein pour reprendre une frontière psychologique allemande encore très vivante en Basse-Rhénanie) pour participer à un espace de sens démocratique unique dans l'histoire de l'humanité... on peut rêver.
A vouloir comparer l'Allemagne et la France, pourqoi ne pas tout dire ?
A vouloir toujours comparer la France à l’Allemagne, on en oublie ce qui fait notre capital français !
A l’instar de notre président sorti qui s’y référait régulièrement, entre l'Allemagne et la France, pouvez-vous nous dire quel est le pays le plus riche des deux ? L'Allemagne intègre, dans son budget, l'annexion de l'ex-Allemagne de l'Est, c’est vrai mais…
l’Allemagne n'a pas :
La Corse,
La Nouvelle Calédonie,
La Guyane et la base de lancement des fusées Ariane et russes,
La Réunion,
Le département de Mayotte,
St Pierre et Miquelon,
Tahiti et les îles sous le vent en Polynésie,
Wallis et Futuna
Les Antilles, St Martin,
De nombreuses îles dans l’Océan Indien
Les îles Kerguelen
Les zones de pêches autour de ces terres
Des bases militaires en Allemagne, en Afrique et outre-mer…
Elle n’a ni porte-avions nucléaire, ni sous-marins atomiques porteurs d’engins ou d'attaque, ni bases stratégiques, ni missiles ou bombes nucléaires, ni à entretenir les sites de tirs atomiques abandonnés comme en Polynésie…
Ni un Sénat qui coûte très cher ( cf. les salaires élevés et les primes diverses ) …
Elle n’a pas à soutenir financièrement les pays d’Afrique qui faisaient partie de l’Empire Colonial français et leurs présidents corrompus.
Et j’en oublie.
En France, une partie de notre budget national va à l'entretien de tout cela ainsi qu’aux salaires de tous les fonctionnaires et les militaires.
Je rajoute la réparation des attentats en Corse.
Tout cela nous coûte très très cher !
De son côté, l'Allemagne a de bonnes industries, elle exporte, elle peut ainsi réduire tranquillement les impôts et aider ses entreprises à innover. Elle n’a pas toutes ces grosses dépenses que la France supporte à elle seule.
Je ne dis pas que l’Allemagne, qui se dépeuple, a raison sur tout comme au sujet des salaires, de l’organisation de la scolarité et des conséquences de la précarité mais il y lieu de s’interroger : la France est sans doute plus riche que l’Allemagne.
Alors faudrait-il nous séparer de certains éléments pour retrouver un certain équilibre ? Non, nous avons la chance de les posséder.
Personne ne parle de cet aspect des choses. Pourquoi ces éléments n’apparaissent-il pas dans les tableaux de comparaison qui sont publiés régulièrement ?
Quelques pensées profondes :
Comparer n’est pas raison
Quand je me regarde, je me désole,
Quand je me compare, je me console !
Et un proverbe allemand :
Etre heureux comme Dieu en France
On peut comprendre que les allemands aient cherché, à plusieurs reprises, à s’implanter chez nous.
Sinon j’aime me promener en Allemagne, retrouver le pays de mon enfance. J’habitais à Kehl, base de la Marine Nationale dans les années 50/60, où mon père était pilote du Rhin.
Quand on quitte Strasbourg, par le pont de l’Europe, j’ai l’impression de passer dans un autre monde, plus propre, plus vert. Un espace repensé et entretenu. Une atmosphère différente de l’autre côté du fleuve-frontière.
Bien amicalement
Christian CADUDAL
Je vous pardonne
Professeur agrégée d'allemand, j'ai vécu et travaillé à Reims de 1993 à 2006 et y ai effectué cinq échanges de postes avec l'Autriche puis l'Allemagne . Au-dessus de chez moi habitait une vieille dame, Madame Schleiss, dont la maman avait été tuée pendant la Première Guerre Mondiale et dont le mari, haut responsable dans la Résistance, avait été fusillé en août 1944 . Malgré son douloureux ressentiment vis-à-vis de l'Allemagne, Madame Schleiss et moi étions devenues amies . Au début des années 2000, je suis partie au lycée Herder de Greifswald de septembre à Noël, et ma collègue allemande partenaire, Grit, est venue dans mon collège à Reims et a habité mon appartement avec sa petite fille, qui allait à l'école primaire du quartier . De temps en temps mère et fille confectionnaient un gâteau, et elles en offraient une part à Madame Schleiss en allant lui rendre visite . De retour à Reims à la fin de l'échange, je suis retournée voir Madame Schleiss, qui m'a raconté tout ça et qui m'a confié qu'elle avait dit à Grit : "Je vous pardonne" .
l' Europe, la seule chance pour en finir avec les nationalismes
une Europe solidaire et sans frontiere ou l'on circule librement avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, un drapeau ( s'il en faut un ) mais surtout un même avenir , un president élu par les peuples des ministres des députés, plus de repli frileux sur notre petit pays, se sentir citoyen européen avant de se sentir citoyen du monde et plus allemand, français ou espagnol, notre nationalité devrait être "européen " avec mention de notre pays de naissance
l'europe federale
une EUROPE FEDERALE constituée d'ETATS FEDERAUX (un par pays ).Dans cette fédéération Européenne chaque etat aurait sa propre administration Fédérale autonome qui rendrait compte à l'Administration centrale. A chaque etat son GOUVERNEUR. Le tout sous la présidence d'un PRESIDENT EUROPEEN. Avec plus de 300 millions d'habitants nous formerions une puissance mondiale unie et solide devant le réveil de ll'ASIE qui a déjà colonisé l'Afrique devenue " l'usine de l'a Chine", Chine qui est présente sur le continet américain et qui vise notre Europe. Reste à nos présidents respectifs à accepter un véritable muselage de leur ego! Mais comme la course à la "super présidence" resterait ouverte tout espoir reste permis ! et par quel moyen ? Faire voter des "grands électeurs Européens de chaque pays ( futur Etat) ou vote au suffrage universel Européen ?
Voilà une idée qu'aucun de nos reporésentants élus à Bruxelles et à fortiori aucun Président d'un des Pays Européen n'a encore lancée, manque de courage politiqque ou réalisme justifié ? Quoi qu'il en soit il serait temps de lancer la conbstruction Fédérale de l'Europe Unie qui Fédéraliserait la Dette et viendrait à bout de la crise financière qui nous affaiblit. Car n'oublions pas que les pays d'Europe sont à la base de l'épanouissement des continents Africain et Américain et de l'éclosion au modernisme de l'Asie dont elle reste historiquement cliente et rivale historique . (la route de la soie arrivait à Venise). Un peu de courage et d'audace politique, volà ce que nous attendons de nos édiles pour un véritable proges commun en conjugant les qualités propres à chaque pays d'europe. Nous avons des atouts intellectuels, manufacturiers,sociologiques, touristiques, historiques, artistiques, culinaires innombrables à exploiter intelligement pour le bonheur et la réussite de chacun de nous. Et nous confèrera un rang parfaitement conforme à nos capacités au plan mondial.
Voilà, selon moi, ce que nous attendons d'une équipe politique responsable et honnete.
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